Un plombier, un électricien ou un chauffagiste jongle avec trois activités dans la même journée : une urgence le matin, une visite d'entretien contractuelle l'après-midi, et un chantier d'installation qui attend.
Les trois ont des rythmes, des marges et des modes de facturation différents. Suivies ensemble, elles donnent une rentabilité moyenne qui ne permet aucune décision.
L'essentiel
- Dépannage : intervention rapide, facturation immédiate souhaitable — c'est le flux qui fuit le plus.
- Contrats d'entretien : revenu récurrent, visites planifiées (dépôt
contract, 30 modules documentés). - Chantiers d'installation : affaire analytique, comme dans le BTP, avec matériel et main-d'œuvre imputés.
- Stock embarqué : les pièces dans le camion sont un emplacement de stock, pas une perte.
- Autoliquidation de TVA en sous-traitance : à paramétrer explicitement, sinon TVA facturée à tort.
Le dépannage, flux qui fuit le plus
C'est le constat le plus répandu dans ces métiers : les petites interventions d'urgence sont mal facturées, voire pas du tout. Non par négligence, mais parce qu'elles se font entre deux rendez-vous, sans trace écrite.
Trois fuites, toutes mesurables dès que les interventions sont saisies :
- L'intervention oubliée : réalisée, jamais facturée. Elle n'apparaît nulle part, donc personne ne la cherche.
- Les consommables non facturés : joints, raccords, gaines, visserie. Sortis du camion, absents de la facture.
- Le temps non compté : le diagnostic, le déplacement, l'attente d'un accès au logement.
La parade est organisationnelle avant d'être logicielle : une intervention = un bon d'intervention créé sur place, depuis le téléphone, avec signature du client. Ce qui n'est pas enregistré sur place ne se rattrape pas le vendredi soir.
Les modules du dépôt field-service couvrent précisément ce geste : rapport d'intervention, pièces consommées, temps passé, signature. Voir la gestion du BTP avec Odoo.
Le stock embarqué dans le camion
La question revient systématiquement : les pièces qui sont dans le véhicule sont-elles encore en stock ?
La bonne réponse, et le bon paramétrage : chaque véhicule est un emplacement de stock. Les pièces y sont transférées depuis le dépôt, et elles en sortent quand elles sont consommées sur une intervention.
| Sans emplacement véhicule | Avec emplacement véhicule |
|---|---|
| Les pièces sorties du dépôt sont « consommées » | Elles sont localisées, et valorisées |
| Aucune idée de ce qu'il y a dans le camion | Inventaire par véhicule possible |
| Les consommations ne se rattachent à rien | Chaque pièce est imputée à une intervention |
| Réapprovisionnement au ressenti | Règles de seuil par véhicule |
La dernière ligne est celle qui fait gagner du temps au quotidien : un seuil minimum par véhicule déclenche le réapprovisionnement, ce qui évite le déplacement au dépôt en urgence — ou au fournisseur, plus cher.
Les contrats d'entretien, revenu le plus solide
C'est l'activité la plus prévisible, la plus rentable, et celle qu'on pilote le moins. Deux chiffres suffisent à la tenir.
- Le taux de renouvellement : quelle part des contrats est reconduite chaque année. Un contrat perdu coûte beaucoup plus qu'un devis perdu.
- Le temps réel par visite comparé au temps prévu. C'est lui qui dit si un contrat signé il y a cinq ans est encore rentable sur une installation qui a vieilli.
Le second est le plus parlant : une chaudière de quinze ans ne demande pas le même temps d'entretien qu'une installation neuve, et le contrat n'a souvent jamais été revalorisé.
Les visites se génèrent automatiquement depuis le contrat, au rythme prévu, ce qui évite l'oubli — première cause de non-renouvellement. Voir la facturation récurrente.
L'autoliquidation de TVA, le piège de la sous-traitance
Un artisan qui intervient en sous-traitance pour une entreprise générale est concerné par l'autoliquidation de la TVA : ce n'est pas lui qui la facture.
Ce n'est pas automatique dans un outil de gestion : il faut déclarer quels clients et quelles prestations relèvent de ce régime. Une TVA facturée à tort se régularise facture par facture, et ce n'est jamais une bonne conversation.
Trois cas à distinguer au paramétrage, et à faire valider par votre expert-comptable :
- Sous-traitance de travaux pour une entreprise principale : autoliquidation.
- Travaux directs pour un maître d'ouvrage, particulier ou professionnel : TVA normale, avec les taux applicables.
- Vente de matériel sans pose : régime distinct de la prestation de travaux.
Le troisième cas touche aussi la facture électronique : une facture qui mêle matériel et pose relève de la catégorie « opération mixte », l'une des quatre nouvelles mentions obligatoires. Voir les quatre mentions.
Les trois flux, et leur paramétrage
| Flux | Modélisation | Ce qu'on surveille |
|---|---|---|
| Dépannage | Bon d'intervention → facture immédiate | Interventions réalisées non facturées |
| Contrat d'entretien | Contrat récurrent + visites générées | Taux de renouvellement, temps réel/prévu |
| Chantier d'installation | Affaire analytique | Marge par chantier, matériel et heures imputés |
La colonne de droite donne trois indicateurs, et trois suffisent. Le premier — les interventions réalisées et non facturées — est généralement celui qui surprend le plus, et celui qui se corrige le plus vite.
Questions fréquentes
Comment éviter les interventions réalisées et jamais facturées ?
En créant le bon d'intervention sur place, depuis le téléphone, avec les pièces consommées, le temps passé et la signature du client. Ce qui n'est pas enregistré sur place ne se rattrape pas, et c'est la première fuite de marge de ces métiers.
Comment gérer les pièces dans le camion ?
Chaque véhicule devient un emplacement de stock : les pièces y sont transférées depuis le dépôt et en sortent quand elles sont consommées sur une intervention. Vous pouvez alors faire un inventaire par véhicule et poser des seuils de réapprovisionnement par camion.
Odoo gère-t-il l'autoliquidation de TVA en sous-traitance ?
Oui, par un paramétrage de taxes dédié de la localisation française, mais ce n'est pas automatique : il faut déclarer quels clients et quelles prestations relèvent du régime. Une erreur ici se corrige facture par facture, donc c'est un point à cadrer avec votre expert-comptable au paramétrage.
Comment savoir si un contrat d'entretien est encore rentable ?
En comparant le temps réellement passé par visite au temps prévu au contrat. Une installation qui a vieilli demande plus de temps qu'à la signature, et le contrat n'a souvent jamais été revalorisé : c'est l'écart qui le révèle, et il ne se voit pas sans saisie des temps.
Peut-on facturer directement depuis l'intervention ?
Oui : le bon d'intervention validé, avec ses pièces et son temps, devient une facture sans ressaisie. Pour un dépannage chez un particulier, c'est ce qui permet d'encaisser sur place — et la différence de délai d'encaissement est considérable.
Pour aller plus loin
- Gérer une entreprise du BTP avec Odoo
- Les quatre nouvelles mentions obligatoires
- TPE et artisans : par où commencer avec la facture électronique
En résumé
Trois flux, trois suivis : le dépannage avec son bon d'intervention créé sur place, les contrats d'entretien avec leur taux de renouvellement et leur temps réel, les chantiers comme des affaires analytiques. Faites du camion un emplacement de stock, et cadrez l'autoliquidation avant la première facture. Parlons de vos trois flux.